Mon allocution à l’occasion de la publication des résultats provisoires des élections législatives nationales

Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes,

La Commission Électorale Nationale indépendante s’apprête à publier les résultats provisoires des élections législatives nationales. Cette publication était initialement prévue le 03 janvier dernier, et cela, conformément au calendrier de la CENI.

Cependant, face aux irrégularités constatées et soulevées par la clameur publique, la CENI ne pouvait rester indifférente et se devait d’accorder une attention particulière afin de déceler tous les cas de fraude et d’abus. Telle est la raison du report de la publication de ces résultats qui intervient aujourd’hui, soit 10 jours après la date prévue.  

L’attente a pu paraître longue, mais la CENI se devait de protéger et de restaurer la voix de l’électeur congolais confrontée au gangstérisme électoral.

Conformément à son rôle lui attribué par la Constitution de la RDC, par la loi électorale et par sa loi organique qui est « d’organiser tout processus électoral et référendaire et d’en assurer la régularité », la CENI s’est faite un devoir de ne pas prendre en compte, dans son comptage, ceux des suffrages acquis abusivement par certains candidats.

C’est ici l’occasion de remercier les électrices et électeurs congolais pour avoir dûment documentés ces irrégularités notamment grâce à la non-coupure de l’internet contrairement au processus électoral passé.

J’aimerais rappeler que cette action de la CENI n’est nullement une chasse aux sorcières, mais elle s’inscrit dans la droite ligne de son plan stratégique qui est principalement celui de s’aligner sur les standards électoraux internationaux.

La CENI assume pleinement la démarche qui a été la sienne de documenter les irrégularités afin de garantir la transparence et l’intégrité des élections organisés le 20 décembre 2023 ; et elle annonce donc des sanctions exemplaires à l’égard de son personnel qui a participé aux cas de fraude.

Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes,

J’aimerais attirer l’attention de toutes les parties prenantes sur le fait que depuis 2006, les processus électoraux en RDC sont confrontés aux mêmes difficultés et irrégularités. La viabilité de notre jeune démocratie dépend aujourd’hui des leçons tirées des 4 cycles électoraux.

Il est insoutenable que les élections continuent de se tenir en période pluvieuse or, la saison sèche offre un environnement propice pour le déploiement et l’acheminement du matériel électoral.

Il est tout aussi insoutenable de voir cohabiter des dispositions anachroniques avec des mesures modernes dans les textes légaux qui régissent l’organisation des élections en RDC. C’est le cas, par exemple, du fonctionnement des Centres Locaux de Compilation des Résultats qui est en déphasage avec l’exigence légale d’utiliser la voie la plus rapide de transmission des résultats.

Il en est de même des cas de divergence constatées entre les résultats issus du dépouillement manuel et ceux du dispositif électronique de vote. Les derniers faits saillants de bourrage d’urne, des manipulations frauduleuses des DEV du scrutin du 20 décembre 2023 montrent les limites de la prééminence des résultats manuels telle que consacrée par l’article 67 de la loi électorale.

Il est donc temps que toutes les parties prenantes prennent conscience des réformes désintéressées à mener en vue de l’amélioration des processus électoraux à venir.

Je vous remercie.